littérature sénégalaise

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Location: THIES, Senegal

Saturday, October 15, 2005

Signatures internationales, communications, lectures

FILDAK, Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique, Dakar 1997

Salon du livre et de la presse, Genève, PALEXPO, 1998, 2003, 2004

Zimbawé Book Fair, Foire Internationale du livre, Hararé, 2001

Festival des francophonies en Limousin, Maison des auteurs, soirée lecture /poésie, 2004

Festival la Folie des mots, Faux la Montagne, France, 2004

Maison des auteurs, Keur Birago, Dakar, 2004

Bibliographie de Fama Diagne Sene





Le Chant des ténèbres, roman, éd. NEAS, Dakar, 1997.154 p.
2nd ed. rev et corr.,NEAS, Dakar, 2003, 243p.



Le Baobab du lion, nouvelle dans la revue littéraire Ecriture n°59 (Suisse), 2001.






Humanité, recueil de poésie, éd. Maguilen et éd ; Damel, Dakar, 2003. 30 p.












Les deux amies de Lamtoro. Conte pour enfants. Fama DIAGNE SENE, Samba NDAR CISSE (Illustrateur)Léeboon - Lippoon Falia éditions enfance - Edicef , 2003, 26 p.










L'heure des adieux, nouvelle dans L'Europe, vues d'Afrique, Le Cavalier bleu éditions, Le Figuier, 2004, p.29









La Momie d'Almamya, roman, éd. NEAS, Dakar, mars 2004. 264 p.

Notes d'auteur sur "le chant des ténèbres"

Notes d'auteur

Je termine cet extrait avec la célèbre phrase de Duhamel: "Les hommes ont inventé le livre pour soulager leur mémoire. Ce qu'ils déposent dans les livres, c'est ce qu'il veulent conserver."
"le chant des ténébres" est la VOIX des sans voix sénégalaises: filles, femmes, trop souvent victimes du poids de la tradition et des coutumes. En Afrique, la femme écoute, obéit, fait la cuisine, cherche l'eau et le bois mort, puis le soir, épuisée, gémissante, elle rejoint son homme et doit faire des enfants, ( mieux vaut des garçons et mieux vaut surtout qu'elle soit féconde). Pas le droit d'être stérile! C'est d'ailleurs toujours sa faute si le couple n'a pas d'enfant.

les labyrinthes qui étouffent mon personnage tout au long du roman ( bloc de sang en mouvement, halucinations, folie, errance) ne sont que des représentations romanesques des remous de la vie d'une femme africaine. Elle porte le continent sur son dos, nourit les hommes, met au monde les enfants, subit la polygamie, ignore ses droits, souffre en silence... alors sûrement, la folie trouvera un terrain propice dans son âme en errance.

Friday, October 14, 2005

le chant des ténèbres, dernier extrait

extrait, pages 239-243
La vie m'a frustré de toutes ses promesses en ce lundi matin bien ordinaire, dans une salle de classe, devant un professeur soudain métamorphosé en un immense bloc de sang en mouvement. Lequel ne tarda pas à m'engloutir au point de m'exiler pendant des semaines sur une planète peuplée d'étranges créatures qui m'arrachaient des hurlements de terreur. Petit à petit ma raison se consuma. Je perdis tout discernement et tout esprit de suite: mes facultés mentales s'égarèrent dans un labyrinthe. Je cessai de distinguer le bien du mal, mon ami de mon ennemi et même le jour de la nuit. J'étais devenue folle, complètement folle en une fraction de seconde, à quelques petites semaines de l'examen du baccalauréat. Il a suffit de cette prison de sang pour que je perde tout. Je parlais à des interlocuteurs invisibles, regardais sans rien voir, pleurais sans raison apparente, refusais de me nourrir et marchais nue(...)
En perdant ma raison, j'ai tout perdu. Aux yeux de mes pairs, la maladie qui m'a si méchamment fauchée au midi de ma jeunesse est incurable. Ils ont commencé à me montrer du doigt, à me fuir, à presser le pas dés qu'ils m'aperçoivent devant notre porte(... )
Mes proches avaient peur de cet être fou, que j'étais devenue sans se douter que j'avais peur de moi-même( ... )
La société ne pardonne pas, aux yeux de ma famille, je serai toujours celle qui a assassiné Tanti. Si je retourne à la maison, ils m'enfermeront de nouveau dans ma cellule. Cette fois-ci, ils m'attacheront au pied du lit. J 'étais devenue une charge bien trop lourde pour tout le monde, même pour le guérisseur Baay. J'en suis consciente. C'est pourquoi, je ne veux pas retourner à Thida... Demain le soleil se lèvera pour toi sur une nouvelle journée de bonheur et d'amour. Pour moi, tout sera comme aujourd'hui et comme toutes les autres journées que j'ai vécues ; sans aucun espoir. Je continuerai à ma poser la même question.
" Guérirai-je un jour?"
Demain, je serai devant ta porte avec mes haillons et mon regard fuyant. Je marcherai pieds nus dans les rues froides de ta ville. Je me tapirai contre ton mur en grelottant. J'installerai mes quartiers sur un tas d'ordures d'où l'on ne viendra pas me chasser(...)
Un jour, la faim et la solitude me terrasseront sous ta fenêtre. Alors, sur ma tombe, si tu veux bien m'en creuser une, n'oublie pas de graver, je t'en prie : VOIX INTERNE. Pour tous les maux que j'ai subis dans ma chair, pour toutes les humiliations que j'ai accumulées au plus secret de ma mémoire. Je viens vers toi, encore plus légère et plus folle mais si heureuse, le panier de Bakary sous mon bras.
C'est la dixième heure, la nuit descend lentement sur Keur Baay. Demain, si tu me rencontres dans la rue, n'aie pas peur de moi, malgré mes haillons et ma puanteur, arrête-toi pour lire dans mon regard, la voix interne de mes souffrances.
FIN

Tuesday, October 04, 2005

Le Chant des ténébres, extrait 3: de la raison à la folie

Rien en cette matinée ordinaire, ne laissait présager la fin de mes rêves...

Cela vous est certainement arrivé aussi, un jour. Un jour bien ordinaire pour tous, sauf pour la vie elle-même. Votre vie, ou si vous préférez votre destin prendra un virage à 180°. Si cela ne vous est pas arrivé, soyez patient et profitez du temps qui passe, de votre amour et du champ des oiseaux. Un jour cela arrivera immanquablement sans que vous fassiez quelque chose pour. Les choses les plus essentielles de la vie sont GRATUITES. lA VIE elle-même est gratuite. Vous le savez.
Alors, le tournant arrivera vers ... le bien ( je l'espère pour tous) ou vers le mal...comme pour mon personnage Madjigéen. Le virage a été douloureux. 360° de la raison à la folie, de la lumiére aux ténébres.

Dans la salle de classe, le professeur s'est transformé en un immense bloc de sang en mouvement qui m'engloutit entièrement. C'ètait la veille des examens du baccalauréat... à suivre